Cuivré des marais
Bien que l’état de conservation du Cuivré des marais
soit globalement évalué comme favorable, le lycène voit ses habitats régresser
à l’échelle nationale. Habitant des prairies hygrophiles plutôt maigres, il
doit faire face à l'assèchement des nappes phréatiques de surface, à la
plantation de peupleraies, aux pratiques de fauche incompatibles avec sa reproduction
et à la fragmentation de ses milieux, qui rendent vulnérable la viabilité de
ses populations.
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Le Cuivré des marais est une espèce de répartition paléarctique
avec plusieurs sous-espèces dispersées en Europe dont 3 en France. Sous la
pression de l’Homme, la sous-espèce nominale décrite en Grande-Bretagne a
finalement disparu. Lycaena dispar
carueli représente la souche qui se reproduit dans le nord-ouest, le centre
et le sud-est de l’Europe, incluant une partie de la France.
Il est largement présent en plaine, de l’est au sud-ouest du pays, en évitant les côtes méditerranéenne, bretonne et manchoise. Il est encore bien représenté dans le sud de la région Centre-Val-de-Loire, notamment en Indre et dans le Cher, localisé ailleurs et absent de l’Eure-et-Loire. En Indre-et-Loire, le papillon se reproduit le long des vallées du Changeon, de la Brenne, de l’Indre, de l’Aigronne et de façon sporadique en d’autres lieux sur le plateau nord. Ces sites mériteraient d’être inspectés afin de confirmer la survie de ces populations. Un autre objectif de prospection consisterait à repérer les trames écologiques pour vérifier l’état des connectivités et découvrir de nouvelles stations.
Le Cuivré des marais recherche les milieux ouverts sur sol frais à humide ou poussent les Oseilles (Rumex spp) qui lui servent de plantes-hôtes. Il est typique des prairies proches des cours d’eau mais se satisfait de divers habitats rudéraux tels que les friches, les jachères, les bords de route et les fossés, voire les lisières et les clairières forestières.
A l’état imaginal, très floricole, il apprécie les Astéracées (Inules, Eupatoires, Pulicaires…), la Salicaire (Lythrum salicaria), le Cresson amphibie (Rorripa amphibia), les Renoncules (Ranunculus spp), l’Œnanthe Faux-Boucage (Oenanthe pimpinelloides), les Menthes (Mentha spp), ou encore l’Origan commun (Origanum vulgare).
Notons que c’est un Lycénidé myrmécophile facultatif dont la chenille exsude du miellat en échange de la protection de fourmis du genre Myrmica. Elle hiverne dans une feuille desséchée de sa plante nourricière.
Dans la région, l’espèce est bivoltine. Une première génération apparaît de mi-mai à mi-juin et la seconde, de fin-juillet à fin-août. Les individus de la génération printanière sont de plus grande taille que ceux de la génération estivale. Il est possible qu’une troisième génération partielle fasse son apparition certaines années.
La dynamique de cette espèce fonctionne sur l’existence de métapopulations plus ou moins instables, d’effectifs réduits, et plus ou moins connectées entre elles, mais le Cuivré des marais sait survivre sur de faibles surfaces. Les échanges sont facilités par la grande capacité de dispersion des imagos. Cet avantage appliqué à sa capacité à coloniser des milieux rudéraux lui permet de maintenir un équilibre en termes d’abondance et de distribution tandis que d’autres rhopalocères du même cortège souffrent en conséquence.
Le Cuivré des marais peut se confondre avec les autres Cuivrés (Lycaena spp) mais sa grande taille et l’alternance du dessus orange et du revers bleuté le rend distinguable même en vol.