La Dryade est une espèce typique des successions écologiques. Appréciant la complémentarité des strates végétales, elle est soumise à l’évolution des milieux naturels et aux pratiques agricoles. Déprise pastorale laissant place à l’embroussaillement, zones humides supplantées par la sylviculture, fauchage systématique des pousses ligneuses… L’équilibre de tels milieux vacille entre fermeture et ouverture, et dans le cadre d’une régression généralisée des milieux naturels, la Dryade a du mal à suivre.
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La Dryade recherche les milieux semi-ouverts, avec une strate herbacée, et se satisfait d’un large gradient d’humidité. Pelouses garnies de buissons, ourlets calcaires, friches, vergers oubliés, fruticées, clairières, lisières forestières, boisements clairs, allées herbeuses, prairies de fauche extensives, marais, landes humides… Elle se plaira aussi bien dans des habitats xérothermophiles qu’hygrophiles, pourvu que soient maintenues des groupements arbustifs. Ce rhopalocère fait preuve à la fois d’une étirable plasticité hygrométrique et d’une pointilleuse exigence en matière de stratification végétale.
L’imago vole en une génération, durant les mois de juillet et août. Sa robe sombre subvenant efficacement à la thermorégulation, il se montrera actif en début de journée et préfèrera l’ombre au soleil. Son vol est lent, au ras de la végétation, sur laquelle il se reposera à l’occasion, ailes grandes ouvertes. Il peut aussi se poser au sol, les ailes fermées. Le papillon se délecte de nectar de Panicaut (ici, Eryngium campestre), d’Origan commun (Origanum vulgare) ou d’Eupatoire chanvrine (Eupatorium cannabinum) selon les habitats qu’il fréquente, ainsi que de Lamiacées et d’Astéracées de couleur violette.
La Dryade est de couleur brun sombre, le mâle plus encore que la femelle. Le papillon présente des ocelles noirs pupillés de bleu clair, visibles sur les deux faces de l’aile antérieure. Ces ocelles sont plus grands chez la femelle. Chez celle-ci, le bord externe de l’aile postérieure est aussi d’aspect plus ondulé.
Cette espèce peut éventuellement être confondue avec le Tristan (Aphantopus hyperanthus). Toutefois, cet autre satyriné est plus petit. Il possède des ocelles noirs cerclés d’ocre et centrés de blanc, plus petits et d’effectif et d’aspect variables.